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Projection de croissance économique : Un optimisme à tempérer

10 janvier 2017
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Mise à mal par la chute brutale des cours du brut, les recettes de l’Etat ont reculé de prés de la moitié depuis juin 2014. Les avoirs du pays ont été grandement mobilisés pour éponger les déficits budgétaires venant à bout du Fond de régulation des recettes (FRR) dont le solde est à peine de 840 milliards de dinars à fin 2016. Idem pour les réserves de changes qui se sont vu amputées de 30 milliards de dollars rien qu’en 2016 s’établissant à 114 milliards de dollars à fin décembre.

 

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Graphe : ecostat-algerie (source Banque d’Algérie)

Préférant parler de maitrise des dépenses plutôt que d’austérité, le gouvernement se veut rassurant quant à la préservation des équilibres financiers du pays du moins pour l’année 2017.  La croissance économique jusqu’au là en berne devra se raffermir dés cette année pour atteindre 3,9% contre 3,5% en 2016 d’après les projections de l’exécutif.

 

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Graphe : ecostat-algerie (source premier Ministère)

L’optimisme est même de mise pour 2018 et 2019 si l’on se fie aux prévisions de l’exécutif.  Les revenus pétroliers du pays qui ont bouclé l’année à 27,5 milliards de dollars en baisse de 18% sur 2015, devront accroitre de prés de 30% en 2017 et 67% en 2019 comparé à 2016 pour atteindre respectivement 35 et 45 milliards de dollars.

 

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Graphe : ecostat-algerie (source premier Ministère)

 

Une augmentation des revenus qui restent bien évidement tributaire des cours du brut. Si pour l’année en cours,  les scénarios les plus pessimistes situent le prix du baril à 50 dollars, soit au même niveau du prix de référence de la loi de finances 2017, il est, en revanche, hasardeux  de s’avancer sur l’évolution des prix de pétrole au-delà du présent exercice. Et ceci est d’autant plus vrai eu égard à des fluctuations de prix aussi incontrôlables qu’imprévisibles. La donne du pétrole de schiste américain risque de chambouler tous les pronostiques de reprises des cours.  Selon les statistiques de la compagnie parapétrolière Baker Hughes, la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, qui s’élève actuellement à 4,5 millions de barils (soit près de la moitié de la production américaine) pourrait grimper d’environ 500 000 barils cette année.

L’autre élément à prendre en compte est celui de la valeur du dollar. Le billet vert s’est nettement apprécié ces deux dernières années au point d’atteindre la quasi-parité  avec l’euro. Un dollar fort fait toujours les affaires de l’Algérie  dont les exportations se font en majorité dans cette monnaie.  Peut-on néanmoins dire que nous sommes à l’abri d’une nouvelle baisse du dollar. Une baisse que la Réserve fédérale américaine (FED) a toujours privilégiée pour des questions de compétitivité.